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Madelaine LAMBERT
Une relecture nécessaire du monde
L'écriture est un de ces lieux de rencontre privilégiée
de l'intelligence humaine, un temple dans lequel chaque civilisation par
quelques mots a su se rendre hommage.
L'écriture a su se faire amante des sociétés qu'elle
accompagne, témoin lascif de leurs heures les plus brillantes, de
leurs pages les plus noires, de leurs indiscrétions les plus violentes.
Mais elle a su tout aussi bien abandonner l'observation toute féminine,
pour dicter nos souffrances, nos comportements, nos plus profondes pensées.
Douce France, 1997
L'écriture contemple, relate, elle se veut histoire et analyse,
elle est aussi l'incarnation de nos monde intérieurs.
Les paperoles
1991 / 2001
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Arme des plus fidèle, il n'y a bien que les artistes pour s'en
émanciper. Sans aucun mépris ou esprit de fronde l'artiste
invente parfois des armes parallèles à sa toute puissance
mais dès lors qu'il questionne la beauté même de
m'écriture et pétrit dans la matière-mère,
il révèle des chaleurs ancestrales et magiques essoufflées
car trop usées.
Des hiéroglyphes aux lettres arabes, de Fluxus aux graphes,
les artistes ont pressenti les pouvoirs de cette rivale amie, qui leur
échappait, mais sa beauté devenait matière, chaire
subtile d'ou s'exprimer.
Toute cette genèse, cette gestation se retrouve dans le travail
de Madeleine Lambert. Sa démarche met à vif les beautés
étranges de l'écriture et son regard même devient
un texte cohérent lorsqu'elle raconte son travail, regard si
oscille entre cette force et cette douceur qui déjà caractérisait
l'écriture.
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Cette violence passive, cet engagement subtil se lisent dans son travail
: des murs des lamentations e Zagreb à ses architectures poétiques
tressées de prénoms, Madeleine Lambert lit le monde et le
verse en de discrète écritures, en de nouveaux codes picturaux,
elle déchiffre le monde comme on peut lire un roman et le métamorphose
en provocations artistiques, en quête esthétiques.
Damien Capelazzi
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